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vendredi 29 décembre 2017

Monsieur Pif

Le 1er décembre 1901, « l’Emancipatrice », une coopérative autogérée, décide d’offrir à Aristide et Célestine « Jean-Pierre », le premier journal illustré pour enfants d’inspiration socialiste : allez, ciao les curés et leur mainmise sur les parutions jeunesse, place aux contes, aux jeux, et à ce qu’on finira par appeler « bande dessinée ». Dedans c’est drôlement rigolo, même si des « reportages » tentent un peu d’influencer la sensibilité politique d’Aristide et Célestine : antiracisme, antimilitarisme, valorisation du travail manuel… Mais bon, faute d’abonnés, le trop précurseur « Jean-Pierre » s’arrête en 1904. Aristide et Célestine se re-cognent le bon goût catholique et retrouvent les gentilles illustrations crayonnées pastel qui plaisent tant à maman, soulignées de leurs légendes espiègles qui plaisent tant à papa…
La bataille politique du magazine jeunesse est pourtant lancée.

lundi 7 février 2011

Electro ergo sum

Dix sept jours sans recevoir de chaînes de télévision, c'est dix-sept jours de cinéma, et "J'ai toujours rêvé d'être un gangster" de Samuel Benchetrit.
Dix sept jours sans chaîne Hi-Fi c'est écouter la radio sur un mini récepteur mono dans sa cuisine, comme quand on était petit, et... s'emmerder pareil des oreilles.
Dix sept jours sans téléphone fixe, c'est des dizaines d'euros de facturation de portable en plus, des conversations parsemées de parasites systématiquement astreintes au souci de faire vite, et la perte probable de beaucoup de neurones carbonisés par ce mini-engin ô combien détestable.
Dix sept jours sans connexion Internet, c'est... dur. D'ailleurs, c'est horriblement flippant que ce soit si dur (allumer un ordinateur juste pour faire le tour de fichiers off-line, exactement comme un fumeur tripotterait un paquet de cigarettes vide).
Dix sept jour sans ce qui semble devenu le minimum technologique vital d'un européen capitaliste chanceux, c'est aussi renouer avec le silence. Angoissant, mais lumineux.
Au dix-huitième jour, quand enfin des entrelacs de câbles de toutes tailles et de toutes épaisseurs se sont remis à ramasser la poussière planqués sous des meubles ou agglutinés autour de barquettes électriques gang-banguées, tout redevient immédiatement et facilement extrêmement futile; une existence re-jonctée peut enfin reprendre son cours intransigeant et insectoïde tandis que les images, les bruits, les sons, les sonneries, les ondes insidieuses, les leds vert, les leds orange et les leds rouge, les ronflements discrets des petites ventilations, les sifflements cotonneux des activations et les souffles fatigués des désactivations, les chuintements des membranes et les clics ou les clacs des interrupteurs reprennent possession de chacun de nos sens ayant tous eux-même muté vers cette capacité neo-contemporaine de "mise en veille" permettant d'intégrer sans vraiment y prêter attention ce fourmillement intringant, agaçant, obsédant, intrusif, et incroyablement familier au coeur de notre incroyablement belle machine organique soudainement rassurée de ne plus avoir le temps ni le loisir de s'angoisser davantage sur la réalité, la causalité ni la finalité de son essence.