vendredi 17 novembre 2017

Basses Fidélités du 15/11/17

Matinée - Vents violent couvrant d'écume les îles du Frioul et du Château d'If - Esplanade de Notre Dame de la Garde


Cœur de la nuit - Les 3 scooters rouge - montée d'escaliers rue Villa-Paradis

(Nous sommes fin 2017. Je possède un téléphone mobile idiot, équipé d’une fonction photo unique via un objectif exécrable que j’utilise depuis peu, le rendant plus idiot encore car ambitionnant, malgré sa qualité technique dépassée, de m’offrir une « option » qualitative : avec lui, j’ai décidé de constituer un témoignage éphémère de mes errances urbaines débarrassé de toute tentation esthétique autre que le sujet lui-même, et l’instant durant lequel je l’ai saisi.

J’enclenche cette fonction dans des conditions techniques ordinairement complexes afin de faire émerger le plus d’aléatoire possible, et donc une qualité d’image particulièrement médiocre, parce que je cherche à restituer l’état d’esprit qui génère ces clichés, tous pris à l’occasion de ballades avec mon chien : la notion de « fidélité » y cumule le rapport que j’ai avec mon animal avec cette idée simple que la fidélité de restitution du réel de ces instants en devient étonnante : brutes, floues, instantanées et sans destination, elles sont d'une grande poésie, pleines de bêtises et relativement inintéressantes.)

> Retrouvez mon Manifeste de la Poétique de la Basse Fidélité en suivant le libellé : "Lo-Fi Pics"

jeudi 16 novembre 2017

Poétique basse fidélité (Manifeste)

A la fin des années 80, le lo-fi attaquait l’industrie discographique par le flanc en enfonçant avec une seule idée les rangs d’une course technologique compacte marchant bravement, au son des dollars, vers les lendemains qui chantent de notre époque : la qualité douteuse de l’enregistrement contribue davantage à l’impact artistique de l’œuvre.

lundi 13 novembre 2017

Autumn leave(s)

Hommage naturaliste au petit épagneul miraud et à moitié sourd des deux oreilles que j'ai extrait voilà deux mois d’une cage souillée de merde dans laquelle il a été fourgué cet été : nouvelle loi d’adoption oblige, il lui a fallu, pour avoir le droit à une vie meilleure chez nous, laisser ses bogues aux vestiaires. 
Putain il est dur, le parcours du chien de chasse nul à la chasse. 

Allez bienvenue Filou, petit couillon déchaîné débarrassé de tes couilles, incapable de voir ce chat de gouttière planqué deux mètres devant toi, mais qui marque quand même si consciencieusement l’arrêt, le trognon de queue raide comme la justice. 

Nous, à la chasse, on est nuls aussi : on tirerait pas une bartavelle à huit mètres… Alors tiens, on fera la chasse à rien, juste au bonheur de se geler les miennes, de couilles, pour le plaisir de te voir sourire la langue pendante après 40mn de course effrénée dans la colline de dessous la bonne Mère… 
(ou dans celle de la Citadelle de Forcalquier, où l’on trouve sur le sol d’épines de si belles bogues hérissées de piquants abritant leurs deux jolis marrons.)

« Dans un pays sans chien, on ferait aboyer le chat » (proverbe norvégien) 



jeudi 9 novembre 2017

Doug

Douglas Mac Arthur, général américain à la gueule d'acteur hollywoodien, a fait des choses dégueulasses et d'autres plutôt classieuses durant son interminable carrière militaire au long de laquelle il s'en est mangées, des guerres : révolution mexicaine, première guerre mondiale, Philippines, deuxième guerre mondiale, puis guerre de Corée. Bardé de médailles à chaque fois, à croire qu'en matière de pan-pan-pan, de bim-bim-bim et de viens-là-que-je-te-foute-un-pruneau-dans-le-buffet, il avait des capacités (de merde) qui l'ont d'ailleurs finalement conduit à diriger l'armée américaine toute entière, c'est dire si ça devait quand même être une belle sorte d'enflure. Je ne verse cependant pas assez ni en politique ni en militaireries pour me fendre d'une opinion à son sujet: ce qui m'intéresse, ce sont les quelques fulgurances qu'eut ce vieux décoré fumeur de pipe, tant, pour un bidasse, il sut

mercredi 18 octobre 2017

L'échelle de Jacob

A quelques rares exceptions près, la plupart d’entre nous avaient arrêté de travailler comme des bêtes de somme. Oh bien sûr on voyait encore rôder en ville de sacrées quantités d’ordures juchés sur ces scooters surpuissants en pantalons ajustés, comme à l’époque les roitelets sur leur palefroi (il est d’ailleurs intéressant d’observer ce « retour sur symbole » chez ce chanteur en vogue ayant décidé d’incruster dans son clip un plan le représentant sur le dos d’un grand étalon blanc sous le néon d’un parking souterrain, chaussé - comble du dandysme - de baskets à semelles lumineuses), aussi sûrs d’eux-mêmes que la suffisance pouvait le permettre. Des filles faisant claquer des escarpins bien trop couture pour leur permettre de marcher autrement qu’en imitant un de ces échassiers hantant les allées de parcs animaliers, un sac griffé aux allures d’outre en peau pendu au coude. Des quinquas ventripotents en chemise saumon, cheveux mi-longs et bas de jeans retournés, fumant négligemment debout devant des vitrines d’agences ; des femmes aux décolorations clonées de présentatrice TV garant en double file soit des SUV king size, soit des Fiat 500 Nouvelle Génération, devant des pâtisseries de luxe ou des enseignes de surgelés gastronomiques ; ces à-peine adultes aussi, cintrés dans des complets Zara grisâtres, les cheveux gominés, bardés de tablettes, de smartphones et d’oreillettes, zigzaguant entre les files au volant de ces épouvantables Smart. Des qui s’en foutaient pas mal que le monde s’écroule. Des tarés obnubilés incapables de lever le nez vers un nuage ou d’envisager dix jours de vacances ailleurs que sur une île post-coloniale hérissée de murs terracotta séparant leur plage privée de décharges à ciel ouvert ou de bidonvilles moyenâgeux. D’autres n’avaient tout simplement pas compris que tout avait commencé à se fissurer, et continuaient de marcher tête baissée vers le royaume des ombres entre deux consultations de compte bancaire sur internet. Mais globalement, de plus en plus d’entre nous laissaient tomber. Chaque jour, un nouveau décidait d’en finir, un soir, une fois débarrassé de ses godasses. Face à l’armée soigneusement rangée des supplices quotidiens, quand il ou elle pensait rentrer chez soi et pouvoir enfin se détendre : dans l’ordre, une maison un peu trop poussiéreuse, un lave-vaisselle à ranger à l’intérieur duquel au moins une assiette ou un bol allait déverser une flaque d’eau de rinçage sur ses chaussettes ou sur le carrelage qu’il faudrait éponger, un amas de linge sale dans la salle de bain ou une boule de draps froissés dans le tambour d’un sèche-linge, cette horripilante absence d’idée sur quoi faire à manger aboutissant à la nécessité de devoir repartir jusqu’à une supérette jonchée de produits infects allant invariablement faire se sentir coupable au moment de les réchauffer puis

mercredi 20 mai 2015

Le lai de l'alliée

Ma bite a la même couleur que mes doigts
C’est déroutant
Sortie de son étui dans la grâce d’un chat
Couleur coquelicot
Humant l’atmosphère
Son évent solitaire évasé vers les terres
Cherche
Le mystérieux chemin de la mer
Comme un roseau
Intelligent
Ma bite a la même couleur que mes doigts
C’est déroutant
Rentrée dans sa coquille en chair de testicule
Couleur frigo
Refusant les enfers
Du froid mordant de l’océan polaire
Resserre
Un col fragile en peau d’éphémère
Dans un étau
Attendrissant
Ma bite a la même couleur que mes doigts
C’est déroutant
Pendue à mes organes, dodelinant
Complice
Gonflant les joues
L’embout capricieux dirigé loin des vents
Explore
L’alentour étonnant de placards silencieux
Quand je pisse
Tintinnabulant
Ma bite a la même couleur que mes doigts
C’est déroutant


lundi 11 mai 2015

Baume au coeur...


"Ce qui la caractérise cette montagne, c'est l'impression qui s'en dégage lorsque l'on se retrouve au cœur de la forêt sacrée qui s'étend à ses pieds : depuis la nuit des temps, ces bois ont connu les vénérations de nombreux peuples, depuis le néolithique jusqu'à notre ère.
6000 ans en arrière, la montagne toute entière, parce que très souvent frappée par la foudre et les éclairs était considérée comme un lien mystique entre la terre et le ciel. La présence d’Homo Erectus y est en fait déjà avérée depuis au moins 130 000 ans : son alignement est-ouest, correspondant à la course du soleil, la rend alors particulièrement précieuse pour le calcul des calendriers."

"Quant à la grotte, les peuples indo-européens la nommaient « la Porte du Nord », celle séparant notre monde de celui des âmes éternelles. La plaine en contrebas, très occupée depuis l’âge du Bronze final (du IIIème  jusqu’au Ier s. av. J.-C), a fini par abriter de nombreux habitats groupés et fortifiés, datés de l’âge du Fer. Mais le Néandertal lui-même, grand chasseur, parcourait déjà les cavernes au cours des périodes glaciaires."

 "Au sujet de la forêt enfin, lieu de culte des druides gaulois en quête du Gui, elle hébergeait aussi l’Artémis des phocéens : on raconte que lors du siège de Massalia, les légions de Jules César n'osèrent y porter la hache qu'une fois que le consul ait dû lui-même démontrer qu’elle  « ne se défendait pas ».

« Il y avait un bois sacré, qui depuis un âge très reculé n’avait jamais été profané : il entourait de ses rameaux entrelacés un air ténébreux et des ombres glacées, impénétrables au soleil… Déjà la renommée rapportait que des tremblements de terre faisaient mugir le fond des cavernes, que les bois, sans brûler, brillaient de la lueur des incendies, et que des dragons, enlaçant les troncs, rampaient çà et là ». Lucain, auteur latin du Ier siècle, La Pharsphate Livre II, vers 394 à 418.

"Cette forêt est petite : elle n’a que 138 hectares. Mais sa renommée est grande. « Forêt vierge », « forêt relique », « forêt climax », « forêt primaire » : peu importe le qualificatif. La toute puissance de ses héritages mystiques prend inévitablement à la gorge."

Incursion du 02 mai 2015 :








"... et avec ton Appui, la Force.
Et avec la Force, la Compréhension.
Avec la Compréhension, le Savoir.
Avec le Savoir, de savoir ce qui est juste.
Sachant ce qui est juste, de l'aimer."