Dans le Guardian de 2015, Andrew Stafford, le Rock-érudit
d’Australie, titrait à propos du départ officiel de Malcom Young du plus
célèbre hard-blues band de tous les temps : « AC have lost their DC » avec, comme headline à un article particulièrement brillant[1]
(traduction) : « C’était Malcom Young qui définissait le son d’AC/DC.
Sans lui, les dieux du rock australiens sont menacés de ne plus être qu’un hommage
permanent à leur ancien eux-mêmes. »
dimanche 19 novembre 2017
Basse Fidélité - #3
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| Minuit trente - Retour à la lumière - sortie de la colline du Bois Sacré |
(Nous sommes fin 2017. Je possède un téléphone mobile idiot, équipé d’une fonction photo unique via un objectif exécrable que j’utilise depuis peu, le rendant plus idiot encore car ambitionnant, malgré sa qualité technique dépassée, de m’offrir une « option » qualitative : avec lui, j’ai décidé de constituer un témoignage éphémère de mes errances urbaines débarrassé de toute tentation esthétique autre que le sujet lui-même, et l’instant durant lequel je l’ai saisi.
J’enclenche cette fonction dans des conditions techniques
ordinairement complexes afin de faire émerger le plus d’aléatoire possible, et
donc une qualité d’image particulièrement médiocre, parce que je cherche à
restituer l’état d’esprit qui génère ces clichés, tous pris à l’occasion de ballades
avec mon chien : la notion de « fidélité » y cumule le rapport
que j’ai avec mon animal avec cette idée simple que la fidélité de restitution
du réel de ces instants en devient étonnante : brutes, floues, instantanées et
sans destination, elles sont d'une grande poésie, pleines de bêtises et
relativement inintéressantes.)
> Retrouvez mon Manifeste de
la Poétique de la Basse Fidélité en suivant le libellé : "Lo-Fi Pics"
vendredi 17 novembre 2017
Basses Fidélités du 15/11/17
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| Matinée - Vents violent couvrant d'écume les îles du Frioul et du Château d'If - Esplanade de Notre Dame de la Garde |
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| Cœur de la nuit - Les 3 scooters rouge - montée d'escaliers rue Villa-Paradis |
(Nous sommes fin 2017. Je possède un téléphone mobile idiot,
équipé d’une fonction photo unique via un objectif exécrable que j’utilise
depuis peu, le rendant plus idiot encore car ambitionnant, malgré sa qualité
technique dépassée, de m’offrir une « option » qualitative : avec
lui, j’ai décidé de constituer un témoignage éphémère de mes errances urbaines
débarrassé de toute tentation esthétique autre que le sujet lui-même, et
l’instant durant lequel je l’ai saisi.
J’enclenche cette fonction dans des conditions techniques
ordinairement complexes afin de faire émerger le plus d’aléatoire possible, et
donc une qualité d’image particulièrement médiocre, parce que je cherche à
restituer l’état d’esprit qui génère ces clichés, tous pris à l’occasion de
ballades avec mon chien : la notion de « fidélité » y cumule le
rapport que j’ai avec mon animal avec cette idée simple que la fidélité de
restitution du réel de ces instants en devient étonnante : brutes, floues,
instantanées et sans destination, elles sont d'une grande poésie, pleines de
bêtises et relativement inintéressantes.)
> Retrouvez mon Manifeste de la Poétique de la Basse Fidélité en suivant le libellé : "Lo-Fi Pics"
jeudi 16 novembre 2017
Poétique basse fidélité (Manifeste)
A la fin des années 80, le lo-fi attaquait l’industrie
discographique par le flanc en enfonçant avec une seule idée les rangs d’une course
technologique compacte marchant bravement, au son des dollars, vers les
lendemains qui chantent de notre époque : la qualité douteuse de l’enregistrement
contribue davantage à l’impact artistique de l’œuvre.
lundi 13 novembre 2017
Autumn leave(s)
Hommage naturaliste au petit épagneul miraud et à moitié
sourd des deux oreilles que j'ai extrait voilà deux mois d’une cage souillée de merde dans
laquelle il a été fourgué cet été : nouvelle loi d’adoption oblige, il lui
a fallu, pour avoir le droit à une vie meilleure chez nous, laisser ses bogues
aux vestiaires.
Putain il est dur, le parcours du chien de chasse nul à la
chasse.
Allez bienvenue Filou, petit couillon déchaîné débarrassé de tes
couilles, incapable de voir ce chat de gouttière planqué deux mètres devant toi, mais qui
marque quand même si consciencieusement l’arrêt, le trognon de queue raide
comme la justice.
Nous, à la chasse, on est nuls aussi : on tirerait pas
une bartavelle à huit mètres… Alors tiens, on fera la chasse à rien, juste au
bonheur de se geler les miennes, de couilles, pour le plaisir de te voir sourire
la langue pendante après 40mn de course effrénée dans la colline de dessous la
bonne Mère…
(ou dans celle de la Citadelle de Forcalquier, où l’on trouve sur le
sol d’épines de si belles bogues hérissées de piquants abritant leurs deux jolis
marrons.)
« Dans un pays sans chien, on ferait aboyer le
chat » (proverbe norvégien)
jeudi 9 novembre 2017
Doug
Douglas Mac Arthur, général américain à la gueule d'acteur hollywoodien, a fait des choses dégueulasses et d'autres plutôt classieuses durant son interminable carrière militaire au long de laquelle il s'en est mangées, des guerres : révolution mexicaine, première guerre mondiale, Philippines, deuxième guerre mondiale, puis guerre de Corée. Bardé de médailles à chaque fois, à croire qu'en matière de pan-pan-pan, de bim-bim-bim et de viens-là-que-je-te-foute-un-pruneau-dans-le-buffet, il avait des capacités (de merde) qui l'ont d'ailleurs finalement conduit à diriger l'armée américaine toute entière, c'est dire si ça devait quand même être une belle sorte d'enflure. Je ne verse cependant pas assez ni en politique ni en militaireries pour me fendre d'une opinion à son sujet: ce qui m'intéresse, ce sont les quelques fulgurances qu'eut ce vieux décoré fumeur de pipe, tant, pour un bidasse, il sut
mercredi 18 octobre 2017
L'échelle de Jacob
A quelques rares exceptions près,
la plupart d’entre nous avaient arrêté de travailler comme des bêtes de somme.
Oh bien sûr on voyait encore rôder en ville de sacrées quantités d’ordures
juchés sur ces scooters surpuissants en pantalons ajustés, comme à l’époque les
roitelets sur leur palefroi (il est d’ailleurs intéressant d’observer ce « retour
sur symbole » chez ce chanteur en vogue ayant décidé d’incruster dans son
clip un plan le représentant sur le dos d’un grand étalon blanc sous le néon
d’un parking souterrain, chaussé - comble du dandysme - de baskets à semelles
lumineuses), aussi sûrs d’eux-mêmes que la suffisance pouvait le permettre. Des
filles faisant claquer des escarpins bien trop couture pour leur permettre de
marcher autrement qu’en imitant un de ces échassiers hantant les allées de
parcs animaliers, un sac griffé aux allures d’outre en peau pendu au coude. Des
quinquas ventripotents en chemise saumon, cheveux mi-longs et bas de jeans retournés,
fumant négligemment debout devant des vitrines d’agences ; des femmes aux décolorations
clonées de présentatrice TV garant en double file soit des SUV king size, soit
des Fiat 500 Nouvelle Génération, devant des pâtisseries de luxe ou des enseignes
de surgelés gastronomiques ; ces à-peine adultes aussi, cintrés dans des complets
Zara grisâtres, les cheveux gominés, bardés de tablettes, de smartphones et
d’oreillettes, zigzaguant entre les files au volant de ces épouvantables Smart.
Des qui s’en foutaient pas mal que le monde s’écroule. Des tarés obnubilés incapables
de lever le nez vers un nuage ou d’envisager dix jours de vacances ailleurs que
sur une île post-coloniale hérissée de murs terracotta séparant leur plage privée
de décharges à ciel ouvert ou de bidonvilles moyenâgeux. D’autres n’avaient
tout simplement pas compris que tout avait commencé à se fissurer, et
continuaient de marcher tête baissée vers le royaume des ombres entre deux
consultations de compte bancaire sur internet. Mais globalement, de plus en
plus d’entre nous laissaient tomber. Chaque jour, un nouveau décidait d’en
finir, un soir, une fois débarrassé de ses godasses. Face à l’armée
soigneusement rangée des supplices quotidiens, quand il ou elle pensait rentrer
chez soi et pouvoir enfin se détendre : dans l’ordre, une maison un peu
trop poussiéreuse, un lave-vaisselle à ranger à l’intérieur duquel au moins une
assiette ou un bol allait déverser une flaque d’eau de rinçage sur ses
chaussettes ou sur le carrelage qu’il faudrait éponger, un amas de linge sale
dans la salle de bain ou une boule de draps froissés dans le tambour d’un
sèche-linge, cette horripilante absence d’idée sur quoi faire à manger aboutissant
à la nécessité de devoir repartir jusqu’à une supérette jonchée de produits
infects allant invariablement faire se sentir coupable au moment de les
réchauffer puis
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