jeudi 14 avril 2022

Dallas : rififi au pays de la badiane

:::: Episode 1

Stetson 1 - Henri-Louis est un rude suisse (oui c’est possible) vivant à Pontarlier, Franche-Comté, fin XVIIIème: on est en plein Jura, dans la 2ème ville la plus haute de France après Briançon. Autant dire en montagne, quoi. Indépendamment du fait que son père exerce la bien noble profession de bouilleur de cru, on a tendance un peu partout dans le pays à se réchauffer le gosier à grands coups d’absinthe en famille, comme le montre cette photo prise au hasard à Oraison (qui est située bien plus bas, ce qui ne constitue pas pour autant une raison valable pour ne pas s’endimancher la glotte) où l'on pose fier de se déchirer la cafetière en écartant les jambes façon « manspreading », décontracté du gland (comme disait Gégé avant qu’il ne s’auto-caricature via de risibles amours contrariées avec son ami Vladimir). 

mercredi 6 avril 2022

Attendre 2 ans, puis revenir à cause d'un Petit Frère

Le rêve américain, par ici, on n’y a jamais rien compris: la France rock ne s’est jamais remise de son syndrome 60’s post-G.I si bien résumé par Lucien, le débonnaire héros banané de Margerin, quand seul Kebra, l’antihéros cradingue ultraviolent de Tramber et Jano reflétait, lui, vraiment, ce qu’était la réalité de « notre Amérique à nous », celle (déjà) des banlieues merdiques, des allumeuses camées en mini-jupes et des squats jonchés de mégots ; et voilà qu’entre deux hordes de fans obsessionnels du Dieu-homme-loup récemment décédé qui paradent sur les Champs-Elysées cramponnés aux franges d’un guidon de Harley achetée en concessionnaire Yamaha comme si l’Equipée Sauvage était née à Marvejols, on se re-tarte nos vieux pastiches rock’n roll, le trublion Julien Doré réhabilitant Dick Rivers en tête d’une escouade bobo avide de (faux) loosers tandis que la désespérante cohorte d’affreux chanteurs de l’écurie TF1 fait la queue pour pousser la chansonnette avec papy Schmoll avant que celui-là n’arrive plus à se teindre la rouflaquette tout seul.

lundi 25 novembre 2019

Souliers vernis, pieds sucrés.

         
Le petit Jonathan reste assis derrière son papa et tape du pied avec ses frères et sœurs à chaque fois que passe un disque dans le salon, ce qui arrive souvent. Jonathan il aime le kung-Fu, et de façon générale, taper sur tout ce qui lui tombe sous la main, de façon spectaculaire de préférence.
                Bien que ce qu’il préfère, quand passent les albums de Stevie Wonder, de Billy Cobham ou de James Brown, ce sont ces lignes de basse machiavéliques qui lui font tout chaud au dedans, et qu’il singe en se déhanchant comme un beau diable, tout transporté d’infra-ondes au point d’avoir du mal à se retenir d’envoyer au passage quelques terribles high-kicks imaginaires à de grands méchants blancs moustachus, son papa, lui, voit en lui un potentiel drummer de légende : ce petit, il va vite et précis comme un moine Shaolin, et le groove coule dans ses veines comme le whisky dans celles de Robert Mitchum.

jeudi 21 novembre 2019

Vieux cons, petites putes (épisode 5)

- Je travaille pas avec Gilbert, je vous l’ai déjà dit. Ce type est cinglé.
Elle a fini par lui faire miroiter une somme rondelette, ce qui l’a fait hésiter une fraction de seconde. Cet appartement était étroit et surtout, moins bien exposé : le soleil n’y rentrait par aucune des fenêtres, quelle que soit la pièce. Rien à voir avec le triplex dont il venait de rendre les clés à contrecœur il y a une heure à peine à son retour d’Ardèche, et qu’il avait regretté sitôt franchie la porte de celui-ci. Tout en l’écoutant parler il balaya la cuisine du regard en grattant une poussière imaginaire du bout du doigt. Faut que j’y réfléchisse encore avança-t-il d’un ton maussade avant de raccrocher. Fallait qu’ils soient drôlement embêtés, à l’Agence. Le vieux ne leur réserverait pas de meilleur accueil.

mercredi 16 octobre 2019

(d)éditions : le catalogue



"S'il y a dialogue, le fait qu'ils soient ceux de l'Ego suggère que les interlocuteurs ne font qu'un. Les Egodialogues flirtent avec cette ambiguïté d'un autrui toujours là: l'autre voix de soi-même qui vous contredit. Les Egodialogues ne sont pourtant pas l'affrontement systématique de deux ego mais plutôt la tentative d'un discours qui tente de maîtriser les dérapages de son propre ego. La posture philosophique de cet essai pose de façon ironique l'existence d'un autrui auquel on se garde bien, ici, de laisser assez d'indépendance pour qu'il se détache de son propos et permette une dialectique qui soit autre chose que la pure opposition des opinions. 
Quid de la possibilité d'un discours qui puisse interroger la surdité, le silence des réponses en ce que, visiblement, elles s'empressent de toujours supplanter les questions. Ce qui semble fasciner l'auteur, c'est la possibilité même du questionnement : chaque question semble inutile, malséante, malvenue, blessante. C'est drôle, car le crétin a sans doute meilleur presse. Il en a toujours été ainsi : l'imbécile est une figure plus sympathique que celle du philosophe."

> SUIVRE LES LIBELLES : "Egodialogues" ici 
(Edition papier - 90 pages Editions Vanloo 2014 - (épuisé : derniers exemplaires disponibles en VPC sur demande en MP)



Un deuxième opus qui "investit à nouveau la figure de l'idiot en tant que celui qui fait rire car il questionne et que, par cet acte de faiblesse, il repasse par sa propre bêtise, qu'il l'affronte en s'en donnant le spectacle, quasiment en se détruisant en elle. La catastrophe de la bêtise entraîne la catastrophe de l'ego, passe par son propre chaos. C'est justement en cela qu'il est objet de fascination : si l'idiot offre tous les raffinements de la bêtise, ce 2ème volume ne joue plus au plus malin avec lui. Il se revendique ainsi du vide, se heurte au langage. Rien ne se déploie, on file vers l'aporie sans jamais l'atteindre, on tourne autour de la répétition, on n'ose pas, on se déchire.
Ainsi vont les Vacuodialogues dans leur drôlerie sarcastique : un désir ne parvenant jamais pas à se satisfaire. De lui-même il attend réponse, des autres aussi, de tous ceux qui peuvent incarner une figure. Pas de nom pour ouvrir la réplique, un tiret, puis un autre, et entre l'une et l'autre des répliques, le silence envahit tout, combat pathétique avec un punching ball qui refuse d'avoir mal."

> SUIVRE LES LIBELLES : "Vacuodialogues (Egodialogues Vol 2)" ici 
Exemplaire numérique sur simple demande en suivant ce lien



Imaginez un temps replié dans des profondeurs. Une civilisation sans horizon si ce n'est le bout d'un tunnel sombre. Enfilade de goulots et de cavernes où l'on vit le cœur cloîtré, où rien ne s'élève et où l'absence d'étoile rend encore plus concrète l'absence d'au-delà. Le monde reconstruit reproduit l'ancienne carte de la surface, invente de nouvelles luttes, se détruit sans autre projet, comme s'il y avait encore quelque chose à détruire. Le récit commence vingt ans avant avec les notes éparses d'Emmerick, le récit de son périple dans les souterrains : parti avec quelques centaines d'hommes pour conquérir de nouveaux tunnels, d'escarmouches en escarmouches, au terme du voyage ils ne sont plus que sept. Quand le roman commence enfin, les sept, dont trois sont devenus des notables, se sont divisés, trahis, désunis puis réunis. Dans un contexte politique trouble, Nadun, un fils au seuil de l'adolescence, représente soit l'espoir, soit le danger ultime, alors qu’au loin se profile un utopique et hypothétique retour à la surface. Ça peut sembler romantique. Héroïque. Tragique. Ça ne l'est pas. 

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Que se passe-t-il quand quatre assassins lambda, dans une réalité lambda, doivent finir, inévitablement, par se rencontrer au moment même où tout se vide de sens, jusqu'à la réalité de leur propre existence ?
Un récit déshumanisé dont on ne sait vraiment jamais s'il relève du rêve, de la fiction ou du réel, qui entremêle l'horreur à la banalité des jours qui se suivent dans une lenteur sensorielle sans plus de points de repères: rien ne fait plus valeur qu'une assiette sale ou un pot d'échappement. On suit le cauchemar vide de chacun des protagonistes comme un témoin englué, téléspectateur passif d'un programme nauséabond sans véritable contour, instinctivement curieux d'un dénouement dont il est pourtant clair, mot après mot, phrase après phrase, qu'il ne satisfera rien d'une attente elle-même indéfinie.
Une plongée opaque dans un océan hanté de sacs plastiques aux ondulations gracieuses singeant encore, pour un temps, ce qui faisait vie. Et pourtant, tous respirent.   

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jeudi 10 octobre 2019

Etre borgne ne fait pas de toi un cowboy (épisode 4)

Quand il est sorti des toilettes le ciel s’était terriblement obscurci, au point que la cuisine était plongée dans l’ombre. Une couche gris sale recouvrait les trois fenêtres rectangulaires, comme si une pluie de cendres s’était abattue sur la ville le temps qu’il pète bruyamment pour rien durant ce quart d’heure qu’il avait fallu pour qu’il comprenne qu’il ne sortirait rien de son cul – il n’avait mangé qu’un peu de riz et une ou deux bananes en trois jours, comment aurait-il été capable de produire quelque chose de valable. Il s’est resservi une grande tasse de café dont il n’avait pas envie, qu’il a accompagnée d’une cigarette en resserrant sa ceinture dans la salle de bain. A six heures et demie, un jeune soleil cinglait bêtement au-dessus des toits dans un concert de roses et d’oranges légers colorant l’indécision matinale du ciel. Il avait même esquissé une danse obscène sur l’air de samba qui passait à la radio et voilà que tout ressemblait à nouveau à une fin du monde, le jour pointant vraiment.