mercredi 13 novembre 2013

Le jour donc où il n’y aura plus que de la lumière et des chambres d’échos...

Il est rare que je me contente, dans les post de La Petite M, de reprendre pour presque totalité les termes d’un article que je me suis trouvé à parcourir. C’est pourtant ce que je vais faire ici, parce que ce faisant, je respecte malgré tout un des fondamentaux de ce blog : donner envie, partager des émotions et des enthousiasmes.

jeudi 7 novembre 2013

Le sale des autres

- Tu fais le ménage, toi ?
- Ben oui, ça m’arrive. Comme tout le monde.
- Bon sang qu’est-ce que c’est fatiguant !
- Fatiguant ?
- Ah ouais, quand t’as fini, t’es claqué ! Et si tu y réfléchis bien, personne le dit. On le dit pas assez, en fait.
- Que faire le ménage, c’est fatiguant ?
- Ouais !
- En même temps, tout le monde le sait, non ?

mardi 5 novembre 2013

Salut à toi, ô, Barbouze

Le soir d’halloween, tandis que quelques milliers de petits français se ridiculisent en parodiant avec l’aval sirupeux de leurs parents déboussolés et une méconnaissance crasse une tradition anglo-écossaise controversée mâchée et réduite en bouillie par la carnivore Amérique, Gérard de Villiers meurt.

Cet orphelin de père, faux aristo mais terrible réac, commence en premier lieu à barouder pour alimenter les balbutiements de la presse people au sortir de la guerre : il s’illustre déjà par son goût pour les femmes, le fric, l’opulence et les coups tordus, avec quelques pépites d’investigations journalo-trash (on lui doit la célèbre rumeur savamment orchestrée « Sheila est un homme ! » ) mais c’est finalement une carrière de reporter international plutôt brillante qui lui vaut une petite renommée dans les milieux casse-cou avant que la mort de l’auteur de James Bond ne le pousse sur la voie de la littérature d’espionnage : son propre 007 voit le jour, il est hongrois, improbable, caricatural et jouissif ; c’est Malko Linge, Son Altesse Sérénissime.
Naissance d’un mythe qui va durer 200 épisodes.

samedi 2 novembre 2013

mardi 15 octobre 2013

Le goût des autres

Ils avaient tous l’air un peu gauche. En fait, surtout lui. C’est l’impression qu’il avait désormais de la situation, au travers des sept ou huit coupes de ce sempiternel infâme Champagne qu’il avait ingurgitées à trop grande vitesse : incapable de respecter le temps socialement imparti à la consommation de ce breuvage ridiculement précieux qu’il fallait commencer par tenir dans ces verres inconfortables avant de pouvoir y trempotter la lèvre au-dessus d’une forêt de petites bulles agaçantes, il partait du principe qu’ouvrir légèrement la bouche avant d’y basculer tout le contenu de la coupe d’un trait rapide et décidé restait la meilleure façon d’ingérer ce vin vicelard, au lieu de se cogner bêtement plusieurs fois le nez contre le col trop étroit de son contenant effilé.

vendredi 11 octobre 2013

Exploration Longue (et) Litigieusement Excessive

Le magazine « Elle » n° 3535 contient 233 pages, dont 167 pages de publicité. Ca fait presque 1 page sur 4 (ou 72% de la pagination, pour les statisticiens en herbe). Des pages de publicité pour Chanel (double page), Dolce & Gabbana (double page), Dior (double page), Céline (double page), Saint-Laurent (double page), Georgio Armani (double page), Louis Vuitton. Des pages de publicité pour Rolex (double page) et Venetta. Des pages de publicité pour Cartier (triple page). Des pages de publicité pour Ralph Lauren et Bulgari (4 pages). Des pages de publicité pour Prada. Des pages de publicité pour Yves Saint Laurent (double page avec échantillon). Des pages de publicité pour Hogan. Des pages de publicité pour Kenzo. Des pages de publicité pour Clarins et Lancel (double page). Des pages de publicité pour Lolita Lempicka. Des pages de publicité pour Moschino. Des pages de publicité pour Sisley et Hugo Boss. Des pages de publicité pour Anne Fontaine. Des pages de publicité pour Forte Forte, DSQUARRED2 (double page), Boucheron. Des pages de publicité pour Santoni et Estée Lauder (double page).

mardi 8 octobre 2013

Fatalitas

- Je n’aurai pas aimé m’appeler Frédéric. Tout le monde t’appelle Fred.
- Bah, y’a des tas de gens qui t’appellent (…).
- Ouais, mais c’est pas pareil. Les gens qui m’appellent (…), ils t’appellent Tom.
- Et alors ?
- Et alors, ton prénom, c’est Thomas.
- Et t’aurais préféré t’appeler Thomas ?
- Pour qu’on m’appelle Tom ? Non merci.
- C’est pas si mal, Tom. Après tout.
- Je dis pas que c’est nul de s’appeler Tom, ou Fred, ou Bob, je dis juste que si tu t’appelles Frédéric, on t’appellera toujours Fred et ça, ben, c’est chiant. En tout cas, si je m’appelais Frédéric, ça me ferait chier.
- Tu voudrais qu’on t’appelle « Frédéric ». En entier.
- Voilà.
- Mais là, on t’appelle (…).
- Ouais, des fois.
- Souvent.
- J’y peux pas grand-chose…
- Les Frédéric qu’on appelle Fred, ils y peuvent pas grand-chose non plus…
- Mais ça doit les faire chier.
- Bah, moi, ça me fait pas chier qu’on m’appelle Tom. Même toi tu m’appelles comme ça.
- C’est vrai. Je le ferai plus. A partir de maintenant, je t’appellerai tout le temps Thomas.
- Ouais, sauf que moi je m’en fous qu’on m’appelle Tom.
- Ca te fait pas chier de t’appeler Thomas, et qu’on t’appelle toujours Tom ?
- Non…
- Ah…
- Je crois pas vraiment non plus que les mecs qui s’appellent Frédéric soient dégoutés qu’on les appelle Fred, si tu veux mon avis.
- Non, ça, mec, c’est pas possible. Si tu t’appelles Frédéric, ça te fait forcément chier que tout le monde t’appelle Fred.
- Qu’est-ce que t’en sais, après tout ? T’en as discuté avec des mecs qui s’appellent Frédéric ?
- Non… Pas vraiment. Enfin, je crois pas.
- Ben alors ?
- Alors, c’est juste du bon sens.
- Pour les mecs qui s’appellent Frédéric.
- Ouais.
- Plus particulièrement pour eux.
- Ouais. Parce que Frédéric tu vois, c’est pas pareil.
- Et pourquoi ?
- Mais parce qu’on t’appelle tout le temps Fred, mec !