vendredi 23 septembre 2011

En accord avec la mythologie Maya, nous sommes en train de vivre dans le cinquième monde (5/20)

Voici le cinquième d’une série de 20 poèmes, qui seront postés durant 20 jours.

Je confessais ma tardive découverte de Théophile Gautier - en tant que poète- à l’occasion du troisième post de cette série : retrouvons-le ici par le biais de Catulle Mendès.

Catulle n’est déjà pas un prénom ordinaire, convenons-en. Après quelques (rapides) recherches infructueuses, je trouve Catulle comme issu du portugais « casto », qui signifierai « pur », mais cette origine me semble bien peu fiable.

Peu importe, le fait que ce prénom reste mystérieux s’inscrit sans défaut dans cette démarche des « 20 poèmes », après tout.
Pour en revenir à Catulle Mendès et à Théophile Gautier, il se trouve que le premier séduit la fille du second, qui, tout de rage de laisser partir la chair de sa chair avec ce Parnassien connu du Tout-Paris pour son aisance exprimée tantôt dans le roman ou dans la poésie - mais aussi (voire surtout, en ce qui concerne les mondains fréquentant les Salons de l’époque) pour ce talent grivois répandu tout au long de « contes roses » particulièrement osés -, refusera d’assister aux noces. Théophile tirera finalement sa vengeance de l’échec relativement rapide de ce mariage, que d’aucuns attribueront, outre de récurrentes tromperies, au caractère complexe de Catulle, dont Maupassant confessera lui-même le trouver « compliqué comme personne ».

Délectons-nous maintenant de ce « Conseil » empreint d’une noirceur cynique toute impersonnelle :

Reste morne. Dérobe-leur
L’ivresse où ton âme se noie,
Et sache imposer à ta joie
La gravité de la douleur.

Que ton rêve, lent, se balance,
Doux et lent comme un encensoir,
Parmi la profondeur du soir
Mélancolique et du silence.

Que sans désirs et sans effrois
Tes grands yeux où rien ne s’étonne
Soient semblables aux jours d’automne ;
Profonds, placides, ternes, froids ;

Et déplore les courtes fièvres
Des amants ivres de chansons
Qu’Avril revoit dans les buissons,
La flamme aux yeux, le rire aux lèvres ;

Car l’ombre est le cachot prudent
Du bonheur si vite infidèle,
Et le rire, c’est le bruit de l’aile
Que fait la joie en s’évadant !

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