J’ai quarante-six ans. Autant dire que je suis
plutôt largement passé de l’autre côté du cadran, si l’on s’en tient aux
statistiques et aux signaux merdiques envoyés par mon organisme. Je viens de
ressortir « All Eyez On Me » de 2Pac à ma fille ébahie, qui peine encore à
croire que « je connais » : son pote de 5èmeB vient de lui affirmer
que c’était « le roi des rappeurs ». Alors, que son père sache de qui
il s’agit, et qu’il ait des disques de 2Pac dans son meuble marron, ça ressemble
à une blague. Cela servirait-il à quelque chose que je lui parle de l’escalade
EastCoast/West Coast des 90’s, que je lui cherche, tiens, dans la foulée, un
album de Biggie ? Que je tente un topo Snoop/Dré v.s Puff/Mobb Deep? Tu
parles. Faudrait que j’arrive à me retenir d’alimenter frénétiquement le
plateau de ma Denon comme un chargeur de AK à coups de Jungle Brothers, d’ATCQ,
de NWA, de Fat Joe, puis de De La Soul, etc, etc…
dimanche 22 avril 2018
lundi 12 février 2018
mardi 6 février 2018
lundi 5 février 2018
Coup de pied au Q.
La première nait blonde en 1989
en Pennsylvanie d’un père conseiller financier héritier de trois générations de
présidents de banque et d’une directrice de marketing de fonds mutuels.
Elle passe son enfance dans une ferme de
onze hectares, ses vacances d'été dans une maison secondaire du New Jersey, et
se passionne pour l’équitation (papa possède plusieurs chevaux) et les comédies
musicales (maman lui paie des cours de chant et de comédie à Broadway).
Le second naît noir en 1933 à
Chicago, d’une maman qui va pas tarder à être internée pour maladie mentale. Y’a pas l’ombre
d’un dollar dans le foyer : Papa le ballade de ville en ville à la
recherche de petits jobs puis finit par s’installer dans la banlieue de Seattle.
New York l’ingrate se refusant au
talent de la petite blonde, elle se rabat sur la musique Country : à 11
ans, forte d’un prix à une compétition locale, maman la fait déménager à
Nashville, ce qui ne lui réussit pas plus : elle est rejetée par les
labels. A 12 ans, elle se dit qu’apprendre à jouer de la guitare pourrait
aider : elle apprend 3 accords avec un réparateur informatique pseudo-guitariste
et s’en sert illico pour écrire sa première chanson, avant que papa et maman,
ébahis par tant de ténacité, ne déménagent eux aussi pour Nashville (papa
change de banque) en faisant un « sacrifice incroyable » dont elle
dit elle-même, je cite : « Mes parents ont été jetés là-dedans (la
musique country) : nous n'avions aucune idée de ce que nous faisions. Mes
parents m'ont acheté un livre sur l'industrie de la musique ». Un livre
magique. Par lui, tout arrive.
dimanche 28 janvier 2018
Clef à molette
D’un côté, l’Oxfam –mais ça pourrait être n’importe quelle autre
Agence, organisme ou média : qui ose encore faire croire qu’il se soucie des
sources ? - fait tomber une nouvelle série de chiffres exposant une fois de
plus le chaos préprogrammé vers lequel nous fonçons en ordre de bataille :
82% des richesses du monde de 2016 n’auraient bénéficié qu’à 1% de la population,
tandis que la moitié la pus pauvre de la planète (3,7 milliards de gens) n’aurait
pas bénéficié du moindre dollar issu de cette manne.
De l’autre, la démultiplication des postulats « philosophico-sociologiques »
encourageant – ou constatant – les tendances à la décroissance ou au refus de
la compétition consumériste : du « Désobéir » de Frédéric Gros (qui
pointe le syndrome de « l’enfant sage » à travers ce qui serait un
désir inconscient de « sur-obéissance » pour faire rempart au vertige
existentiel, citant Thoreau, La Boétie et Epicure pour encourager à une
désobéissance sociale qui passerait par « l’amitié » et à « désobéir
par soi-même, pas à travers quelqu’un d’autre ») au carton Netflix du
documentaire « Less Is Now Tour » (deux prosélytes américains donnant
des conférences à travers leur pays pour prêcher le minimalisme), du « Project
333 » (un « challenge mode » invitant à ne s’habiller qu’avec 33
vêtements pendant 3 mois) aux articles de « Elle » intitulés « Fuck
Ambition ! », de la démultiplication des expressions kleenex
désignant le désintérêt pour le travail et la vie en général (partant du
vieillot « burn-out » pour transiter à travers le récent mais déjà
démodé « bore-out » pour en arriver au très chic « brown-out »
(le manque de motivation pour son travail)), de la démultiplication des
tendances à l’ultra-cocooning (au choix, exportées de l’Europe du Nord ou du Japon)
à la démultiplication des tendances à plaquer un job anciennement auréolé du
marqueur de la réussite pour revenir à l’authentique d’un « artisanat de
proximité » (aux produits ultra-scénarisés et aux tarifs prohibitifs), la
liste est interminable.
vendredi 29 décembre 2017
Monsieur Pif
Le 1er décembre 1901,
« l’Emancipatrice », une coopérative autogérée, décide d’offrir à
Aristide et Célestine « Jean-Pierre », le premier journal illustré
pour enfants d’inspiration socialiste : allez, ciao les curés et leur
mainmise sur les parutions jeunesse, place aux contes, aux jeux, et à ce qu’on
finira par appeler « bande dessinée ». Dedans c’est drôlement rigolo,
même si des « reportages » tentent un peu d’influencer la sensibilité
politique d’Aristide et Célestine : antiracisme, antimilitarisme,
valorisation du travail manuel… Mais bon, faute d’abonnés, le trop précurseur
« Jean-Pierre » s’arrête en 1904. Aristide et Célestine se re-cognent
le bon goût catholique et retrouvent les gentilles illustrations crayonnées
pastel qui plaisent tant à maman, soulignées de leurs légendes espiègles qui
plaisent tant à papa…
La bataille politique du magazine jeunesse est
pourtant lancée.
mardi 26 décembre 2017
Poquelin-terminable
- Demain on va au théâtre. Nous allons voir « Les
Précieuses Ridicules ».
- Ah bon ?
- Oui. On avait déjà vu « Les Femmes Savantes »
le mois dernier, on s’est régalés. Donc là, on profite !
- Diable…
- Quoi ?
- Bah c’est juste que moi, je me suis toujours
emmerdé, au théâtre. Un peu comme à l’Opéra.
- Ha non, moi, j’adore ! Et l’Opéra
aussi !
- Bon sang l’Opéra, à quelques rares exceptions
près, je me demande comment on peut trouver du plaisir à subir ça pendant plus
de deux heures : c’est d’un chiant !
- Ah mais non ! Vous ne pouvez pas dire ça !
C’est magnifique, au contraire : la grande musique jouée en direct, c’est
impressionnant ! Et ces voix !...
- Ca je suis d’accord : c’est juste qu’au bout
de vingt minutes, j’en peux plus. En fait c’est le côté « récit », je
trouve ça épouvantable : ça me fait définitivement penser à une forme
ancestrale de ces comédies musicales immondes dont ils inondent le marché à peu
près tous les ans : aussi ridicule, mais version bourgeois.
- Mais enfin vous ne pouvez pas comparer !
L’Opéra, c’est la tragédie grecque, c’est l’épopée, c’est de l’Art ! On ne
peut pas comparer Dove Attia à Tannhauser !
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