Cher Bernard
Je viens de lire ce
matin, dans un article de Marianne, que tu es passé, en 2017, de la 11ème
à la 4ème place du classement des hommes les plus riches de la planète. Bon,
autant l’avouer : en substance, cette information est à peu près aussi
intéressante que le chiffre auquel la bourse de Paris a clôturé hier soir ou,
au choix, le poids du dernier-né de la Duchesse de Cambridge, le nom latin du
nouvel extrait végétal de la gamme Global Therapy de Frank Provost, ou la preuve
formelle que le glyphosate est bien responsable de la disparition des bras des
enfants qui naissent dans les zones rurales de Rhône Alpes : à franchement
parler, les fluctuations qui égayent l’ordre de grandeur des portefeuilles des
empereurs contemporains n’est pas le genre de suspense auquel qui que ce soit
d’à peu près sain d’esprit se retrouve à goûter.
Et pourtant. S’il
n’est question d’aucun suspense face auquel frissonner, il reste un mystère que
je te trouve parfaitement symboliser à la lecture des chiffres qui émaillent
cet article (aussi putassier que racoleur, ceci dit), et que dieu sait ô
combien j’aime les mystères.
