samedi 1 octobre 2011

Huit est bel et bien le deuxième nombre magique (mais en physique nucléaire)… (8/20)

Voici le huitième de cette série de 20 poèmes.


Que dire sur Paul Verlaine ? Consacré à la Vierge Marie par sa mère, il restera habillé tout en bleu jusqu’à l’âge de sept ans, et que bien que cela ne suffise évidemment pas à expliquer son goût vertigineux et précoce pour l’alcool ni les désastres occasionnés par ce que l’on appellera alors ses « amitiés particulières », force est de reconnaître qu’en terme de départ dans la vie, celui-ci ne fût pas très bénéfique… De son mariage bienséant avec Mathilde, ruiné par cette rencontre funeste avec Rimbaud, il ne lui restera pas même le droit de voir son fils : échoué auprès de sa propre mère devant laquelle il jure puis abjure cent fois sa terrible consécration, c’est à ses amis et admirateurs qui se cotisent qu’il doit un semblant de vie misérable, passée d’hôpitaux en cabarets. Le Prince des Poètes n’aura finalement été qu’un clochard rongé par l’absinthe, dont la misérable vie s’achèvera dans un taudis un soir de 1896.
Malgré ce tableau affreux, voilà par exemple comment le « pauvre Lélian » n'aura eu de cesse, de quelques vers, se rapprocher de ces dieux qui l’ont si tristement ignoré : place à « Les Ingénus », poème tout « Sophia Coppolien » empreint d’un délicieux libertinage sophistiqué tout en alexandrins pleins d’élégance et de légèreté, tout entier dédié à la confusion de cette recherche de la femme idéale qu’il ne trouvera jamais.

Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,
Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent
Interceptés ! - et nous aimions ce jeu de dupes.


Parfois aussi le dard d'un insecte jaloux
Inquiétait le col des belles sous les branches,
Et c'étaient des éclairs soudains de nuques blanches,
Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous.


Le soir tombait, un soir équivoque d'automne :
Les belles, se pendant rêveuses à nos bras,
Dirent alors des mots si spécieux, tout bas,
Que notre âme, depuis ce temps, tremble et s'étonne.

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